samedi 16 juillet 2016

Les trésors de la vallée de Katmandou




Namasté !



Un peu de culture et beaucoup de photos dans cet article!

Katmandou est une très belle ville fondée au 10ème siècle, elle est située au cœur d'une vaste vallée à 1300 mètres d'altitude, elle est entourée de montagne mais à cause de la pollution, une brume blanche est omniprésente présente et bouche la vue lointaine, autrefois on pouvait voir les monts himalayens (de la chaîne de l'Everest). La vallée était composée de trois royaumes qui se sont par la suite unifiés pour ne former qu'un seul royaume : Patan, Baktapur et Katmandou. Dans ce cirque naturel se trouve la plus grande partie du patrimoine culturel. Il n'y a aujourd'hui plus de distinction stricte entre ces trois villes, mais du fait de leur histoire, elles ont toutes un Durbar Square (une 'place royale'), avec des temples et un palais royal. Chaque Durbar Square est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils datent tous du 15-17ème siècle environ. Ils ont tous été plus ou moins affectés par le tremblement de terre, celui de Katmandou a été le plus touché mais ceux de Baktapur et Patan ont bien résisté sauf quelques temples qui se sont écroulés. Vous verrez sur les photos toutes les poutres servent à retenir les temps qui ont failli s'écrouler (et il y'en a beaucoup).
J'ai d'abord visité celui de Katmandou, dès que l'on arrive dans l'enceinte même du Durban Square, après avoir paé le ticket d'entrée (environ 10 euros), des 'guides' me sautent dessus, et forcément, je suis faible, j'ai dis oui à l'un, bon il me disait 10$ au début, j'ai négocié jusqu'à 5$ (je serais plus tard que c'est un peu un attrape touriste et que je m'étais fait un peu avoir) mais il me faisait de la peine le petit. Globalement ils parlent bien anglais, (avec un fort accent népali, ou indien ça dépend) mais au bout d'un certain moment, je ne sais pas si c'est eux ou moi qui faibli mais, je ne comprends plus rien à leur accent et à ce qu'ils disent. Un peu ennuyant.
Le Durbar Square est plein de temples en tout genre dédiés à Vishnu, ou à d'autres divinités hindoux, les fenêtres et portes en bois des maisons et des temples sont sculptés avec une finesse typique de l'architecture Neware. C'est magnifique. Je vous laisse regarder les photos!










Le Népal n'est plus une monarchie depuis 2008, mais jusqu'à cette date, la famille royale vivait dans le Durbar Square de Katmandou. En 2001 d'ailleurs le prince (d'après la version officielle) a tué tous les membres de la famille royale : le roi, la reine et leurs enfants lors d'un diner. Ambiance. Pour faire simple, il y a une guerre civile pendant 10 ans entre les maoistes et le gouvernement, une assemblée a été élue en 2008 qui a aboli la monarchie. Depuis 2015 et l'adoption d'une nouvelle Constitution, le Népal est un état fédéral avec une femme présidente de la République. Même s'il n'y a plus de têtes couronnées au Népal il y a toujours du monde qui habite dans le palais. La Kumari, une déesse vivante y vit toujours, il y en a une par Durbar Square.

La Kumari est une jeune fille qui est choisie quand elle 4-5ans, selon des critères bien particuliers, elle doit appartenir à une certaine caste et doit être particulièrement belle. Elle passe sa vie enfermée dans le palais, ne peut rien faire par elle même, est portée pour se déplacer, bref c'est une déesse! Si elle saigne (une égratignure ou ses règles), elle n'est plus déesse et une autre fille prend la relève. Tous les jours elle vient deux secondes à la fenêtre du temple ou des gens lui font des offrandes. Génial la vie pour une fillette de 6 ans (en plus elle était moche). Elle en sors jamais du palais sauf pour les fêtes, ne marche pas, elle n'a rien le droit de faire, ne peux pas jouer, ni courir puisqu'il faut éviter qu'elle saigne. La Kumari est toujours habillée en rouge et maquillée pour être la plus belle possible. Il est interdit de la prendre en photo mais du coup je vous met quand même une photo d'une kumari qu'on peut trouver sur google image (je ne crois pas que se soit celle de Katmandou). Les kumari n'ont pas le droit de se marier car ça porte malheur... Pour les familles, c’est un honneur et un privilège d’avoir comme fille la Kumari.


Le durbar Square de Patan (qui veut dire « la cité de la beauté ») est magnifique, il n'a pas été très touché par le tremblement de terre de l'an dernier. Les ruelles et places traversées nous font replonger dans le passé, avec aussi des façades en bois sculpté et les nombreux petits temples s’élevant sur plusieurs niveaux. On se perd dans les petites rues, on passe de cours en cours entres les immeubles avec de temps en temps  de belles surprises. De petits temples se cachent dans tous les recoins.


J'ai mangé là bas mon premier un dhal bat, le plat traditionnel néplais, du riz, de la viande, du dalh (la soupe de lentilles). Un délice pour les papilles !








La ville de Baktapur est particulièrement belle car restaurée il y a une petite dizaine d'année grâce à des fonds allemands (merci les potos). Ce sont des rues pavées qui se succèdent et nous emmènent à diveres places, ou à travers les nombreux temples, on a l'impression de retourner 500 ans en arrière. C'est encore plus flagrant qu'à Patan. L'ambiance y est particulière, surtout au petit matin quand la vie débute et qu'il n'y a aucun touristes dans les rues. Les places se succèdent, celles où les femmes font de la tripodie, le Durbar Square, … 




Sur les deux premières photos, les temples ont été détruits tout ou partie par le tremblement de terre.









Le jour suivant je suis allée au Monkey temple, un grand temple boudhiste avec un Stupa (temples boudhistes), on y accède par de raides escaliers où des singes s'amusent, l'ambiance est sympa. Une fois au temple on a une très belle vue sur Katmandou et sur la vallée. On y tourne dans le sens des aiguilles d'une montre en tournant les moulins à prière. Comme dans Tintin au Tibet ! Bon là encore un népalais m'a accosté, a commencé à me parler (globalement les népalais viennent hyper facilement parler aux blancs) pour me proposer ses services de guide en échange de cours de français oui bien sur, c'est ça, inch'allah. Le gars avait déjà préparé une petite feuille avec toutes ses coordonnées, après lui avoir dit 5 fois  merci mais je ne suis pas intéressée il m'a laissé mais il était coriace le coco.  

Les vaches sont sacrées ici, donc elles se baladent dans les rues de Katmandou, tranquille et dès fois se posent au milieu d'une highway et regardent les voitures et motos passer.










Plein de bisous de Katmandou !

Sara

mardi 5 juillet 2016

Arrivée au Népal



Bonjour!
Je suis arrivée au Népal il y a quelques semaines maintenant pour deux mois de stage à l'Ambassade de France. Après un long trajet et une étape à New Delhi (environ 12h d'avion avec la compagnie Air India donc il n'y avait presque que des films Bollywood dans l'avion, c'était sympa),  j'ai atterri sur l'unique piste atterrissage (un peu miteuse il faut le dire) de l'aéroport de Katmandou le 23 mai.


Dès mon arrivée une pluie de mousson s'est mise à tomber, horrible, 10 cm partout dans les rues, le genre de pluie qui te mouille jusqu'aux os. Ça met direct dans l'ambiance. Après un an en Irlande, je croyais qu'au Népal j'aurais moins de pluie. Mais non, la pluie me suit comme un toutou.
Ma première semaine à Katmandou a été douce et agréable, je me suis doucement faite aux habitudes locales, visitant les différents lieux de la ville si riche. J'attendais que le MAE à Paris daigne bien signer ma convention. Ils ont mis une semaine à juste signer un document. Normal. Sympa. J'apprécie.
Katmandou est une ville hyper dépaysante. Il fait chaud, environ 35 degrés, ça change ! Bizarre même de retrouver cette sensation de chaleur. Katmandou est une ville immense, et c’est le vrai bordel. C'est vachement pollué, pas mal de personnes portent des masques (pas moi je suis une thug), et il y a du bruit partout & tout le temps. C'est une ville qui grouille de vie, entre les klaxons (véritable sport national, il ne se passe pas 1 seconde sans qu'une voiture ne klaxonne, ce qui à la longue est un poil fatiguant surtout que les 3/4 du temps elles klaxonnent sans raison, juste pour le plaisir de faire du bruit ou de montrer qu'elles existent). Du coup il y a tout le temps du bruit et cela peut vite devenir fatiguant...
La circulation est plutôt folklorique, il n'y a 0 feu tricolore, les priorités c'est quand ça les arrange, ils roulent à gauche (comme les britanniques, bien que le Népal n'ait jamais été colonisé) mais doublent par la droite, par la gauche, bref, le code de la route c'est vraiment pour la forme, dans les faits c'est « fait ce que tu veux tant que tu n'écrases personne », leur règle est la suivante : quand il y a la place de passer ils passent sinon ils klaxonnent et se débrouillent pour passer quand même. Tout se fait grace au klaxon (dont certains ont des sons très sympas, mais on sent que ces personnes qui ont des kalxons originaux le savent et donc en abusent ce qui n'est pas de tout repos pour mes chères petites oreilles). C'est assez dingue. Mais ça marche au final. Vous imaginez donc le challenge que c'est pour traverser une rue. Se méfier des voiture ET des motos (c'est hyper fourbe); la stratégie est la suivante : foncer, et si quelqu'un klaxonne dévier sa trajectoire. S’arrêter au milieu de la rue (entre les deux voies), reprendre son souffle et son courage et recommencer pour atteindre le trottoir opposé et remercier Dieu d’être toujours en vie. C'est un vrai sport mais on s'y habitue à force. Maintenant je maîtrise la chose. Grande fierté.
Ce sont les policiers qui font la circulation en se mettant au centre des carrefours, sifflet à la main et faisant des signes avec leurs bras. Dès fois ils ont un petit abri (juste une plate-forme ronde avec un petit toit, assez mignon). Le plus drôle c'est qu'à un carrefour il y a un mannequin policier, c'est un mannequin normal mais déguisé en policier, avec toute la tenue, ça doit être pour dissuader les gens. Quand il pleut, les policiers népalais sont en k-way orange fluo, donc dès quand les gouttes d'eau se mettent à tomber, pour pousser le réalisme à son summum, le mannequin aussi est revêtu de l'habit orange. J'imagine le gars à la base de cette idée, "hé les gars j'ai une super idée, au lieu de mettre un vrai agent de police, on met un mannequin, et bim les voitures respecteront le code de la route!", idée de génie. 
Aussi, quand il pleut, c'est génial de voir comme les rideurs de motos se protègent ou du moins essaient de se protéger de la pluie. Certains ont une cape de pluie, niveau expert, et détail qui a son importance, elle recouvre aussi la moto, c'est top, d'autres n'ont qu'un sac plastique sur la tete ou un foulard, moyen moyen pour se protéger de la pluie et d'autres, vraiment désespérés prennent des panneaux publicitaires (comme le papier utilisé est un peu imperméable) ils se foutent ça sur le dos et en voiture Simone. Non vraiment, ils sont hyper débrouillards et m’étonnent tous les jours (et me font rire aussi).
Le must ce sont les jours de 'Banda', c'est à dire grève générale. Dans ces cas là, il n'y a pratiquement personne dans les rues, ou du moins, un nombre réduit de voitures et de motos donc pour traverser c'est top! Le Banda, c'est un peu leur mai 68 mais à des fréquences variables, au début de l'année c'était toutes les semaines maintenant c'est tous les mois. En gros des manifestants, ou plutôt des gens non satisfaits par le gouvernement actuel ('pas content, pas content') payent des villageois des alentours pour leur demander de bloquer le périf', et bim, ça fait une grève générale. Ils sont géniaux.
Donc autour des grands axes il y a le bruit et la poussière de la circulation, on pourrait croire que en s'enfonçant dans les quartiers et en s'éloignant des grands axes, le ville est moins bruyante, que nenni ! Les routes, ha non, les pistes pardon, puisque les routes ne sont que rarement goudronnées, la plupart sont des chemins de terres chaotiques et poussiéreux qui se transforment en rivière pendant la mousson avec 10cm d'eau partout. C'est assez sympa. Dès qu'il pleut on ne voit presque plus rien de la route. Les rues/pistes de Katmandou sont bien plus étroites mais tout aussi encombrées, les piétons, les cyclistes avec leurs vélos surchargés de fruits, légumes, oui boui-bouis en tout genre, les motos, les taxis, les micros bus, les poules, les chèvres et des fois les vaches se partagent la « route ». Donc c'est pire en fait.
Ainsi, comme vous l'avez saisi, les routes c'est le bordel,  aussi, il n'y a 0 nom de rue, hyper perturbant au début, certaines rares rues ont des noms mais personne ne les connait, donc en gros tu es obligé de te perdre. Maintenant ça va mieux grâce au téléchargement d'une appli sur mon phone (oui je me modernise), et mon sens de l'orientation sans faille. Mais à chaque fois que je voulais aller quelque part les premières semaines, je me perdais, ou du moins je ne prenais pas le chemin optimal, mais il y a toujours un gentil népalais prêt à m'aider et à m'accompagner jusqu'à ma destination finale. Ils sont adorables. Par contre, je ne sais pas comment fait le facteur pour déposer les lettres... (oui question existentielle je sais).
La nuit, quand les gens dorment (le soleil se couche à 19h et se lève à 5h et les gens vivent avec les soleil, donc se couchent tot et se lèvent tot) on pourrait se dire que le calme revient. Mais non! le croassement les grenouilles, les aboiements des chiens errants prennent le relais (joie), et le matin à 5h je suis toujours réveillée par un groupe d'individus népalais qui font un entraînement sportif (je n'entends que des « four, three, two, one goooooo » donc je suppose fortement que c'est un workout). Donc faire du sport c'est très bien mais pas le matin si tot, ou alors du sport en silence svp. Sinon après le sport il y a un népalais qui passe avec sa bicyclette et hurle quelque chose d'incompréhensible en faisant des aller-retour pil-poil devant ma fenêtre. J'apprécie. Ha oui et le soir vers minuit, nos voisins (dont on a pas encore cerné leur religion), chantent tous ensemble « Tesla, Tesla, Tesla, Tesla» pendant 15 minutes non stop. Ils sont ravagés. Le silence est un luxe à Katmandou mais malgré tout la vie y est bien agréable !

Plein de bisous de Katmandou et à très vite pour un autre "article"!
Sara


lundi 6 juin 2016

L'éduc nat' bas les pattes

  Vendredi 4 juin 2016, 12h30
(Cet article est long mais lourd de sens). 

Benoit Falaize, Professeur des Universités et Docteur en histoire, actuellement référant national laïcité au ministère, et dont j'ai la chance et l'honneur de partager le bureau, éteint son ordinateur, prévient au téléphone une certaine Sophie dont le nom de famille m'a échappé et me demande "tu es prête? on va pas tarder comme ça on a le temps de prendre un petit café avant".

Après un débat sur l'impact de l'argent dans le monde du football et la polémique Benzema autour dudit café, nous rejoignons les membres de l'association des amis de Jean Zay. 
Quatre vieilles dames nous accueillent dont les filles Zay, ainsi que le nouveau président de l'association, Antoine Prost, un historien d'une cinquantaine d'année.

Nous sommes tous réunis pour dépouiller les 15 dossiers envoyés par 15 collèges de France souhaitant participer au concours laïcité organisé par l'association des amis de Jean Zay et dont le vainqueur se verra remettre le trophée par la ministre de l'éducation nationale ainsi qu'un chèque de 1000€, suivi d'une visite au panthéon.
Afin de faire preuve d'efficacité relative, nous constituons des groupes de trois et examinons tour à tour les dossiers, en actualisant constamment notre classement des travaux.  La tâche est longue, fastidieuse mais passionnante. Des collèges divers et variés ont envoyé leurs travaux, nous lisons tour à tour des dossiers en provenance de REP, de collèges ruraux, parisiens, provinciaux etc.

Le panel est varié, les travaux de qualité, mais un dossier sort particulièrement du lot. Celui d'un collège de Vénissieux, en REP, dont les difficultés se cumulent et qui peine à garder la tête hors de l'eau. Un groupe de 5 enseignants, de disciplines différentes, ont fait un travail formidable tout au long de l'année en motivant leurs élèves en décrochage scolaire autour de ce concours, les laissant s'exprimer à leur manière: par le dessin, l'écriture, la chanson, et associant leurs familles dans le processus. Le résultat est admirable d'humanisme, d'intelligence et de courage. Car du courage il en a fallut à ses enseignant pour mobiliser les esprits, parler et faire réfléchir sur un sujet sensible qu'est celui de la laïcité auprès de ce public particulier. Pour Benoit Falaize et moi même, qui pourtant ne faisions pas partis du même jury, le résultat est sans équivoque, la victoire doit revenir à ce petit collège.

C'était sans compter sur l'examen commun du dernier dossier, celui d'un collège de Strasbourg, bénéficiant de financements conséquents, de l'implication du Maire, du Proviseur, du Préfet et de la presse locale. Le dossier est parfait, constitué d'une vidéo dans laquelle les élèves interrogent leurs professeurs d'origines étrangères sur leur sentiment d'appartenance à la République française, sur la valeur de fraternité, sur les stéréotypes,  et plus largement sur les valeurs de la République. La vidéo est impeccablement montée, peut être trop pour un niveau collège, et la notion de laïcité noyée dans un élan plus large de réflexion sur les valeurs républicaines.

L'assemblée de l'association est soufflée,  nous comptons les voix: 6 pour Strasbourg et 2 pour Vénissieux.
N'étant que la nouvelle petite stagiaire je ne dis rien, mais n'en pense pas moins, et je suis écœurée par le résultat. J'en touche alors deux mots à Benoit que je sais sur la même longueur d'onde que moi, après tout nous sommes les deux seuls à soutenir Vénissieux:
"Benoit, je ne comprends pas bien l'objectif de ce concours. Il s'agit de récompenser le blockbuster qui n'a pas rencontré de difficulté particulière pour atteindre l'écran et qui propose un scénario somme toute d'une certaine pauvreté, ou le petit film d'auteur qui a remué ciel et terre pour naitre et qui raconte une histoire riche de sens?".

Benoit fait un hochement de tête et prend alors la parole devant le reste du jury: "Je suis d'accord pour dire que le travail effectué par Strasbourg est remarquable de qualité esthétique, mais il me semble que les notions de fraternité et de laïcité ne peuvent se confondre, or nous sommes ici en présence d'un concours sur le sujet de la laïcité. De plus, le proviseur m'a contacté hier me demandant si son collège avait gagné. Vous n'êtes pas sans savoir que les professeurs et élèves sont particulièrement soutenus par bon nombre d'intervenants extérieurs, de plus ce collège ne rencontre pas de difficultés particulières. Ainsi, je propose de créer une mention spéciale pour Strasbourg afin de reconnaitre et récompenser leur travail, mais le premier prix doit revenir, à mon sens, à Vénissieux qui a abattu des montagnes pour en arriver là. Et il est nécessaire de soutenir le travail de ces professeurs et élèves pour qu'ils continuent dans cette dynamique positive, créatrice de savoir et de respect au sein d'un environnement dégradé".

L'assemblée reste sceptique, une vidéo artistiquement qualiteuse et un dossier imprimé sur papier glacé a suffit à les convaincre, peu importe le fond et le contexte. Strasbourg aura le premier prix, et une mention spéciale pour Vénissieux, histoire de mettre fin aux polémiques.
Je suis dégoutée, la politique et le marketing ont vaincu le courage, l'abnégation et le savoir.

 Je m'apprête à quitter les lieux quand j’entends un membre du jury dire: "si il n'y a pas assez d'élèves venant de Strasbourg présents pour la remise des prix, la salle sera trop vide et la ministre risque de refuser de venir pour si peu de monde. Dans ce cas ont peut récompenser les deux lycées de Paris, eux pourront se déplacer."
Trop c'est trop, je quitte la salle, remerciant Benoit et saluant amèrement le reste des convives.

Lundi 6 juin 2016, 13h00

Je rentre dans mon bureau après ma pause déjeuner. Benoit raccroche le téléphone et me dit:
"Je viens d'avoir les collèges de Vénissieux et Strasbourg au téléphone. La proviseure de Vénissieux était en pleurs au téléphone, me remerciant et  me disant qu'on n'imagine pas combien cette mention spéciale est importante pour les élèves et les professeurs. Elle assure que l'ensemble des élèves viendront si elle trouve suffisamment de financement pour payer les transports . Le proviseur de Strasbourg quant à lui m'a dit qu'ils avaient déjà gagné assez de prix et que par conséquent il n'était pas certain d'envoyer les élèves à Paris, le trajet étant long et couteux. Tu te rends compte à quel point c'est scandaleux? Si Vénissieux avait eu le premier prix ils auraient eu les 1000€ et ça aurait permis de financer le voyage de l'ensemble des élèves à la capitale!"

A l'éduc nat' bas les pattes, la forme passe avant le fond.

Si vous voulez poursuivre sur le sujet, je vous recommande un film extraordinaire: "écrire pour exister".

A plus, pour un récit plus léger,
Louise




samedi 4 juin 2016

Welcome to... Paris!

 
 Après Lima et son exotisme latino l'an dernier, c'est le charme bobo parigo qui m’accueille cet été.
Le voyage depuis les contrées bretonnes s'est somme toute bien déroulé, disons en toute humilité que la SNCF a fait son travail, ni plus ni moins.

La météo par contre a décidé de faire preuve d'humour. Me souvenant de mes années d'élève préparationnaire, suffoquant dans sa petite chambre parisienne, j'ai blindé au sens propre ma valise de robes et shorts estivaux, fière de laisser mes gros pullovers et autres vêtements de pluie derrière moi. C'était sans compter que le fameux "winter is coming" s'applique à la capitale, qui, outre les grèves, les manifestations et le manque de soleil, à également depuis quelques jours les pieds dans l'eau. La Joconde aquaphobe a donc fermé ses portes tout comme ses amis d'Orsay et du Grand Palais.
En gros, le tableau est le suivant: il fait 10 degrés, le soleil a laissé sa place à une pluie infinie, et les musées ont fermé.

Mais mon petit appartement cosy/chic de nation et son gros habitant Guismo (un chat noir et définitivement obèse) sont là pour me consoler de cet accueil glacial à Panam (non non je ne t'oublie pas Clara #soleildemavie).





Sinon parlons de ce qui est intéressant: le festival franco-américain du film...! Ok, le stage.
J'ai donc l'honneur d'être la stagiaire de la directrice de la mission égalité fille/garçon et prévention des discriminations de l'éducation nationale (mission de 3 personnes, gros gros effectif!). Et, comme l'administration reste l'administration, je n'ai toujours pas d'ordinateur dans mon bureau, mais je n'en ressens pas encore le manque (ça ne saurait tarder). Ma directrice, soucieuse d'être exemplaire, m'emmène partout avec elle! Aussi, n'ai-je pas commencé mon stage que depuis 72heures que j'ai déjà assisté et participé à une réunion en présence de philosophes de la laïcité, au lancement du projet européen Hypatia à la cité des sciences, à une table ronde en présence de la député de l'Essonne à l'assemblée nationale, et au jury du concours national Jean-Zay pour la laïcité.  Les journées sont donc bien remplies mais enrichissantes et témoignent déjà de la machine extraordinairement rouillée et improductive qu'est l'éducation nationale.

Au prochain "article", ne soyons pas prétentieux, je vous dresserai les portraits des membres de la mission, et notamment celui de l'incroyable Benoit, produit d'un savoureux mélange entre: savoir, génie, ridicule et absurdité. Vous en avez l'eau à la bouche? La suite au prochain épisode! (oui je sais, c'est pas aussi captivant et frustrant que GOT, mais j'y travaille!)

Des bisous!
Louise